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Lénine et Sarreguemines
 





Né en Russie à Simbirsk le 22 avril 1870, Lénine est le fils d'Ilya Nikolaevitch Oulianov, un fonctionnaire russe anobli, il est issu d'une famille cultivée.
Il se distingue dans l’étude du latin et du grec. Son père meurt en 1886 et l’année suivante, en mai, son frère aîné Alexandre Oulianov est pendu pour avoir participé à un complot contre le tsar.
Cet événement radicalise le jeune Vladimir. La même année il est exclu de l’université de Kazan pour sa participation à des manifestations étudiantes. Il obtient cependant en 1891 une licence l'autorisant à pratiquer le droit.
Plutôt que de s’installer dans une carrière juridique, il s’implique de plus en plus dans la diffusion des idées révolutionnaires et l’étude du marxisme. Il multiplie les réunions et rassemble en une seule organisation la vingtaine de cercles ouvriers marxistes de la capitale et crée l'Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière. Le 7 décembre 1895, il est arrêté et incarcéré pendant quatorze mois puis exilé pour trois ans en Sibérie.
En juillet 1898, il y épouse Nadejda Kroupskaïa, elle aussi emprisonnée. En avril 1899, il publie "Le Développement du capitalisme en Russie". En 1900, son exil prend fin. Il voyage en Russie, en Europe et participe à la création du journal Iskra (L'Étincelle).
En 1903, il prend la tête de la fraction « bolchevik » du Parti ouvrier social-démocrate de Russie. En mai 1905, il est élu au Comité Central du parti par le IIIe congrès. En 1907, il part en Finlande pour des raisons de sécurité. Il participe au journal Pravda. Il voyage en Europe (de juillet 1909 à juin 1912 il habitera à Paris, rue Marie-Rose) il participe à de nombreux rassemblements et activités socialistes, notamment la conférence de Zimmerwald contre la guerre, en 1915. En 1910 Elizabeth Armand (Inès) quitte la Russie pour s’installer à Paris, elle y rencontre des bolcheviks en exil dont Lénine et devient à la fois son émissaire et son égérie.
Il considère que la Première Guerre mondiale est une lutte entre impérialismes rivaux pour le partage du monde. Il veut faire de la guerre entre nations une guerre entre classes (L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1917).
Lorsqu'éclate la Révolution de Février 1917, Lénine est en Suisse, comme nombre d'exilés russes. Il rentre de Suisse à Petrograd à travers la France et l'Allemagne en guerre, avec un groupe de révolutionnaires russes de toutes tendances. Le 21 avril 1917, au carrefour nord de Siersthal (5km ouest de Bitche) l'attelage qui le transporte avec ses 3 camarades est arrêté par une patrouille du 17e "Chevaux légers". Le gouvernement allemand voit de suite tout l'avantage qu'il aurait à l'aider à rejoindre la Russie. Contre sa promesse d'aider à l'arrêt des hostilités, les fugitifs se voient proposer un sauf-conduit et la possibilité de voyager à bord d'un train protégé par l'immunité diplomatique, (dit train ou wagon plombé).

C'est ici que se place l'histoire de notre assiette, le quartier général du 17e "Chevaux légers" était à Sarreguemines et c'est là que Lénine et ses compagnons de route ont été amenés pour y être mis en détention et être interrogés. Dès que la décision de l'Empereur d'aider le groupe à rejoindre la Russie parvient au régiment de cavalerie, la situation des captifs s'améliore considérablement et si pour des raisons de sécurité et de confidentialité ils ne peuvent "s'afficher en ville", ils recevront des visites de sympathisants de l'internationale ouvrière renseignés par un officier allemand, membre du SPD et qui désapprouve le comportement de son parti dans la gestion du conflit.

Image Famille Groomer en 1901.
C'est ainsi que les militants de la cellule clandestine I.H.K 29 de l'internationale ouvrière qui regroupait principalement des ouvriers et des cadres subalternes de la faïencerie Utzschneider et Compagnie ont pu rencontrer Vladimir Illich (le 30 avril 1917). Pour commémorer l'événement Heinrich Groomer (fils ainé d'une famille qui a émigré de Saxe Anhalt en 1889) et qui occupe un poste de contremaître à l'usine n°2 rompant avec tous les principes de sécurité qui régissait les sections clandestines de l'Internationale Ouvrière, décide de marquer l'événement. Aidé d'un camarade photographe de la ville, il va produire 11 assiettes commémoratives en porcelaine dite française. 10 pour ses camarades et une pour le photographe (selon les archives de la famille Groomer actuellement domiciliée à Berlin).

Nous ne savons pas à qui appartenait celle que nous présentons et qui a été acquise sur un marché aux puces de Tongeren (Belgique). C'est à n'en pas douter une des plus insolites productions de Sarreguemines.

 
Données techniques :
diamètre = 218mm, Hauteur =23mm poids = 342g. Image Marque I15 déjà répertoriée
On remarquera que la marque est une variante de la marque I15 non encore observée sur les productions de la faïencerie.



 
Texte en rouge :
"Zur Erinnerung an das Treffen von 30. April 1917" I.H.K. 29 – 7/11
Nous ne connaissons pas la signification de la marque rouge au centre.