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Une exposition remarquable.

 




L’une des principales missions d’un musée est de conserver une collection témoignant d’un aspect de la société ou de l’Histoire, afin de la transmettre aux générations futures. Au vu de cette exposition on ne peut qu'affirmer que le musée de Sarreguemines remplit parfaitement sa mission.
Idéalement, cette collection, comme une collection personnelle, privée, doit pouvoir s’enrichir et s’agrandir. Mais au musée, ce qui dicte le choix des pièces n’est pas tant le plaisir du conservateur et de son équipe que l’adéquation entre sa découverte et les opportunités de le faire entrer dans la collection, ainsi que sa valeur documentaire. Par exemple, au musée de la Faïence sont conservées des planches de dessins ayant servi de sources d’inspiration aux décorateurs de la manufacture. Ce n’est plus de la faïence mais un document utile à la description et à la compréhension du contexte dans lequel l’objet a été créé.






     Un  musée dispose de différents moyens pour augmenter sa collection :


-  l’achat : dans le cas d’un musée appartenant à une collectivité comme la Ville de Sarreguemines, une somme peut être réservée au budget annuel pour l’achat de pièces de collection. Ventes publiques et privées sont concernées. L’Etat et les Régions, au moyen du Fonds Régional d’Acquisition des musées peuvent verser des subventions pour aider les musées à développer leurs collections ;

- le don : le musée peut accepter le don d’un objet, d’une collection, par un particulier ou par un autre établissement public, sous réserve que ce don soit en lien avec la politique culturelle et scientifique de l’établissement ;

-  le prêt et dépôt : sans entrer définitivement dans la collection, un objet peut être déposé à plus ou moins long terme, par un particulier, une entreprise ou par un autre établissement public ; ainsi, l’Etat a obligation de prêter des œuvres représentatives des grandes collections aux Musées de France (appellation accordée à 1218 musées ayant répondu aux critères de la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France ; les deux musées de Sarreguemines sont Musées de France).

Pour faire d’un objet un objet de collection de musée, il faut l’inscrire à l’inventaire, document juridique et administratif qui établit de façon indubitable qu’un objet appartient au musée.  C’est l’acte fondateur de la collection.
Un objet qui entre dans une collection publique est un objet qui restera assurément dans le patrimoine national puisqu’il est soumis à la loi sur l’inaliénabilité des collections, c’est-à-dire qu’il ne peut être cédé ni vendu.
Ce n’est qu’après cette inscription qu’il peut être exposé et présenté au public ; les objets présentés dans cette exposition sont les principales acquisitions de la Ville de Sarreguemines pour son musée au cours de ces cinq dernières années.

L’achat et la conservation des objets usuels ou dits de fantaisie ou d’objets publicitaires peuvent paraître anecdotiques si on compare ces productions à des pièces de prestige que l'on trouve généralement dans les musées comme les vases du jardin d’hiver ou les plats en majolique… Pourtant, ils témoignent à la fois de l’évolution et de l’utilisation des techniques en fonction de la clientèle visée, des changements de goût, et nous renseignent sur les commanditaires pour lesquels la manufacture a pu travailler (objets publicitaires). La collection serait donc incomplète et faussée sans ces petits objets produits en grande quantité.


Il faut voir dans cette exposition l'illustration d'une politique d'acquisition  intelligente et conforme aux recommandations passées aux Musées de France par le Ministère de la Culture.

Bien peu de musées s'intéressent aux pièces communes qui comme je l'ai souvent entendu dire par des marchands "n'intéressent pas les bourgeois".

Ces pièces de prestige ont été, comme leur nom l'indique, faites pour le prestige de la manufacture. Cependant les productions de masse sont celles qui ont fait la richesse de l'entreprise et sont le reflet de sa possibilité à s'adapter à la demande de ses clients,de son inventivité et de sa réactivité face à la concurrence et de ses investissement dans les recherches techniques et artistiques.



                                                                                                                                                                                                                                               Henri Gauvin