Les moutardiers

de Sarreguemines
& de Digoin


Les origines de la moutarde remontent vraisemblablement à 5000 ans avant notre ère, en Chine, en Afghanistan ou en Mésopotamie. Il semble que son utilisation en Europe nous vienne de la Grèce. Les légions romaines l'introduisent en Gaule au premier siècle de notre ère.
C'est un condiment peu cher qui était très apprécié au Moyen-Age, époque à laquelle on n'avait pas encore accès aux épices pour rehausser le goût des plats.
C'est une farine issue du broyage de graines de sénevé qui, depuis l'Antiquité, servait aussi de base à des préparations médicinales ou encore était appliquée en cataplasme.*  

Utilisée sèche ou mélangée au verjus ou au vinaigre, pour relever les aliments, la moutarde que nous connaissons actuellement apparaît au XIII ème siècle.
Sa préparation évoluera et on comptera autant de recettes que de vinaigriers, corporation qui, dans les villes, avait alors le privilège de la fabriquer.
Elément important pour l'assaisonnement des mets, la moutarde devait être mise en valeur sur les tables. Au XIV ème siècle, les moutardiers seront principalement en étain, puis en argent, en vermeil, voire en or. Louis XIV en aurait eu dix-huit, dit-on, pour le service de la table royale. Avec l'arrivée de la céramique en remplacement de la vaisselle de métal précieux, vers le dernier quart du XVII ème siècle, le moutardier évolue lui aussi. Il est dorénavant en porcelaine ou en faïence comme les autres pièces de vaisselle.

A l'origine, les moutardiers avaient le plus souvent l'apparence d'un tonnelet miniature, qui rappelait le petit fût dans lequel la moutarde était transportée par les crieurs des rues. Ils prendront ensuite des formes en harmonie avec l'aspect général des services auxquels ils appartenaient.


Ce sont ces moutardiers, produits par la manufacture sarregueminoise depuis sa création, qui sont l'objet de cette exposition qui se tiendra du 14 mars au 22 avril 2017.

Inauguration le 17 mars 2017.


Henri Gauvin