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Un coquetier Américain
de la CGT

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Le coquetier que nous présentons ce mois-ci est une pièce très peu courante. Il s'agit d'un coquetier dit "américain" à Sarreguemines. Nous ne savons pas pourquoi il porte ce nom, mais parmi les hypothèses qui nous ont été présentées, celle de Madame Yvette Soubiran nous est apparue comme la plus vraisemblable :
Cette pièce a été créée dans le tout début des années 1930 pour la Compagnie Générale Transatlantique (C. G. T.). Le transporteur maritime avait besoin, pour son service de restauration, d'un coquetier plus grand que les modèles utilisés en Europe pour ses clients d'Amérique du Nord qui avaient habitude de consommer leurs œufs à la coque hors de leurs coquilles et en y mêlant des petits morceaux de lard.

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Il porte la marque I 36 et la mention "dessiné par Jean Luce" au-dessus d'un cartouche rectangulaire contenant un J et un L entrelacés"(marque des créations de cet artiste).
Jean Luce, connu comme marchand parisien de produits de luxe, est surtout un "artiste-concepteur" qui commercialise des créations essentiellement destinées à l'art de la table et à la décoration. Né en 1895, il décède en 1964.
Il créera ainsi toutes sortes d'objets en céramique, en verre ou en argent. En faïence, on connaît surtout des créations réalisées à Sèvres, Limoges, Montereau et Septfontaines (usine luxembourgeoise du groupe V&B).
Si beaucoup de ses œuvres sont de style Art déco, il produira aussi des pièces très avant-gardistes conformes en cela à l'esprit de "l'union des artistes modernes", à laquelle il adhère en 1929.
Sa réputation lui vaudra, entre autres, la commande d'un service pour le paquebot "Normandie" fleuron de la CGT.
Le coquetier que nous présentons, ciglé "CGT" et fabriqué à Sarreguemines, aurait donc fait partie de la vaisselle utilisée à bord du Normandie. De la faïencerie de Sarreguemines, on connaît également une cafetière en "terre à feu" de forme "Michel" signée Jean Luce et un cendrier destinés, selon nos sources, au prestigieux paquebot.

 

Données techniques :
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Pour plus d'informations sur les coquetiers de Sarreguemines et de Digoin vous pouvez vous reporter à notre coup de coeur de mars 2008 toujours en archives.

H.G.